A Faches-Thumesnil, le socialiste René Pille appelle à l’union et cède la tête de liste à Françoise Dal
Le communiqué est tombé hier après-midi : le socialiste René Pille lance un appel à l’unification des forces de gauche sur la même liste pour les municipales. Une liste dont il cède le leadership à Françoise Dal, candidate MRC.
« Je n’ai subi aucune pression, assure d’emblée le chef de file de l’opposition socialiste. C’est une décision mûrement réfléchie. Je suis militant socialiste depuis 1967. J’ai toujours eu la même devise : servir mon parti et non pas me servir du parti.
» Depuis quelques semaines, il se trouvait devant un cas de conscience. Monter coûte que coûte une liste 100 % PS pour les municipales, en faisant fi de l’entrée en campagne de Françoise Dal sous la bannière MRC, ou jouer la carte de l’union. La réponse s’est, semble-t-il, imposée d’elle-même. « Je ne suis pas un carriériste, explique René Pille. Si nous partons divisés, c’est la défaite assurée face à une droite unie. Nous étions tous d’accord pour un rassemblement. Le seul blocage concernait la tête de liste. Françoise et moi sommes tous les deux des béliers. Je connais mon caractère, je connais le sien. Comme je suis un fervent défenseur de la parité, je lui ai proposé d’être en tête de cette liste unique de gauche, mais à majorité socialiste, dont je serai le numéro deux. » Le député de la première circonscription, Bernard Roman, s’était pourtant montré ferme sur le sujet, en affirmant que les négociations étaient terminées avec le MRC.
« Ces négociations fédérales étaient claires et elles le sont toujours, indique-t-il. Le MRC devait avoir une seule tête de liste dans le Nord (à Saint-Pol-sur-Mer, NDLR) pas deux. Dans le cas présent, ce ne sont pas les préoccupations fédérales qui ont prévalu, mais l’aspect local. Si chacun des deux candidats persistait dans sa voie, nous nous serions retrouvés dans une impasse. René Pille a pris ses responsabilités, dans un souci de rassemblement de la gauche, avec une volonté de gagner. » Peu importe l’étiquette, finalement, pourvu que la ville bascule à nouveau à gauche. Même si… « J’aurais évidemment préféré que la tête de liste soit socialiste, avoue le député. Mais la véritable déception aurait été de voir deux forces de gauche s’engager. L’éparpillement des voix aurait été assuré, l’échec aussi. Désormais, c’est clair, les socialistes conduiront cette union, sans en avoir la tête. »
Ce leader qui emmènera la gauche jusqu’aux bureaux de vote, en mars, a appris sa désignation hier. « Cette décision n’a pas dû être facile à prendre pour René, note Françoise Dal. Je pense que ma notoriété et mon ancienneté dans la commune ont dû beaucoup jouer. »
Reste maintenant à se mettre d’accord sur une liste à dominante socialiste, la condition évoquée par René Pille. « Il va falloir discuter, reprend Mme Dal. Nous avons tous des talents, à nous de les exercer pour rassembler toutes les personnes de bonne volonté et de progrès pour battre l’équipe en place. Car nous avons les cartes en mains pour faire une bonne campagne et redonner des couleurs de gauche à la commune ! »
CARINE BAUSIÈRE